À propos de l'oeuvre de Mustapha Zoubir
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En bref.....
Artiste autodidacte si l'on excepte les quelques années traumatisante passées â l'école Supérieure des Arts de l'image Le 75.
Né le 8 mars 1971. En Août de 1991 je me suis exilé en Belgique afin de fuir ceux qui Ils m'avaient condamné à mort.
Je n'étais pas photographe et je n'avais jamais eu l'audace de prétendre d'en être un. Ce fut ni le choix d'une carrière glorieuse ni le besoin de rendre ma vie plus intéressante.
Ëtant boulversé apré l'assasinat de mon ami 'enfance, j'avais decidé d'aller à Alger faire mes adieux et rendre un dernier hommage.
Avec le peu de sous que ma tante Karima m'avait donné, j'ai a acheté aux Marolles, les puces de Bruxelles, le seul appareil photo qu'e je pouvais m'offrir. 1500 francs belges.
En 1994 j'étais étudiant en situation illégal, mon permis de séjour avait expiré, j'étais en attente de régularisation, sans papiers, sans domicile fixe et sans ressources, meme si j'avais pu me faire expulser à n'importe quel moment de la Belgique et malgré le fait que je ne pouvais pas quitter le territoire belge sous risque de ne plus jamais pouvoir y revenir j'ai acheté un billet d'avion et parti sur Alger.
Je remercie chaleureusement Guy Kudell bourgmestre de Saint-Josse sans qui je n'aurais jamais pu entreprendre ce voyage. Et aussi madame Suzane pour les films negatifs qu'elle m'avait donné en cachette sachant bien que je ne pouvais pas les payer sans quoi je n'aurais jamais pu réaliser ces photographies.
Arrivé à Alger, je prenais soit le bus de Birmondreïs vers le centre, mon appareil photo à la main. Ou quand je dormais chez mon oncle Salim â la cité des fonctionnaires je faisais une marche de Tagara vers Bab Azoun soit en passant par l'Aurassi et Sostara ou par l'école des Beaux Arts.
Flâner aux rythmes des rues d'Alger, prenant des photos de tout ce que je voyais ainsi capturer mes émotions, figer sur images les moments vecu de l'interieur en immortalisant les gestes de bienveillance. sachant bien qu'a n'importe quel moment j'aurais pu être abattu.
Bravant le défi lancé par les terroristes j'ai exposé des gestes de de la vie quotidienne au lieu de diffuser l'impact de la doctrine de la haine.
El Bahdja, La Joyeuse, ainsi est Alger ma ville, la ville de mes aieux, et c'est ainsi que je veux m'en rappeler sans armes et sans barbelés et surtout sans que l'on puisse ressentir à n'importe quel moment l'impact de la guerre civile qui ravageait le pays.
Je ne prendrai surtout pas des images de misère et de destruction, ni faire des chefs-d'oeuvres mettant en scène la désolation, Tout ce que je voulais c'est montrer ma ville blanche tout comme ses habitants vivant parce que leur désir de vie étant plus fort que la menace d'amnésie.
Photographier la joie, la fête et la vie avant qu'elle ne s'estompe sous la pression, tel etait mon objectif.
J'ai réalisé une simple mosaïque composée de portraits des rencontres innatendu dans les rues d'Alger, des petits fragments de gestes de la vie quotidienne, dessinant ainsi le portrait d'une civilisation en guerre contre la désolation et l'amnesie ayant pour seules armes leur joie et leur foi.
Cette vague de terreur qui a débuté en Algérie marquera à jamais la fin du 20ième siècle en annonçant une nouvelle aire troublante qui frappera le monde tout le long du début du 21ème siècle cicatrisant ainsi l'islam à jamais aux yeux des musulmans et du monde.
Je devais témoigner, hurler au monde ma vérité, exposer la beauté de la culture Algéro-musulmane à travers la résilience du peuple Algérien et c'est pour cela que j'ai exposé mes photographies au centre internationale de Bruxelles ainsi prouver que la vie non seulement elle continue mais elle prospere.
Entre 1995 et 1998 mon oeuvre sur Alger etait centré la vie, les geste d'amour et la bienveillance tout en parlan de cette nouvelle menace qui allait prendre le monde par surprise comme le jour ou on s'y attendait le moin ce fameux 11 septembre de 2001.
Leur seul but de cette sale guerre contre les civiles algeriens etait de semer la terreur et effacer toute trace de culture et d'histoire.
En reponse a la propagande denigrante qui avait pour but de stereotyper, denigrer et carricaturiser la culture algero musulmane. J'ai realise le reportage Ouled el Bahdja en 1997. Le portrait d'une génération né entre deux guerre qui n'avait rien a envié aux occidentaux. Un reportage photo illustrant Un monde parallèle bâti sous l'hymne des rafales et des bombes.
Une jeunesse qui avait que leurs rêves comme seuls repères, construisant leur avenir en faisant une abstraction totale à la situation du pays. Conscient de leur réalité ce qui ne les a pas empêché de conserver un semblant de vie dans une normalité absolue. ce qui marquera à jamais la jeunesse algérienne des annees 90, Le courage d'une génération qui a bravé tous les défis et bâti sa propre " Algérie". Une sous culture qui a jaillit â travers les lézarde des barricades.
En 1998 j'ai realise un dernier voyage et fait mes adieu car je savais bien que je ne pourrai plus jamais y revenir.